Didier et Isabelle veulent promouvoir le bio
Un couple d’agriculteurs de Noyen a reçu en fin d’année dernière un prix de la dynamique agricole, pour leur investissement dans le biologique. Rencontre.
C’est l’histoire d’une success story, à la noyennaise, en mode agriculture. Installé depuis février 1990, Didier Brault a commencé avec 10 vaches qu’il avait achetées et deux poulaillers. Il possédait alors 35 hectares de terrain et s’en occupait tout seul. Aujourd’hui, il compte 180 bêtes, trois poulaillers et 165 hectares de terrain. Et il peut compter sur sa compagne, Isabelle, qui est à plein-temps à la ferme depuis deux ans. Une évolution qui s’est faite au fur et à mesure. “On a augmenté notre surface de terrain avec les parcelles qui touchaient aux miennes, explique Didier Brault. C’était des petites exploitations qui arrêtaient. Puis en 2003, j’ai récupéré une partie des terres à mon père. Pour les bêtes, il y a eu un renouvellement naturel.“
Adeptes de l’aromathérapie
Au début, Didier Brault n’est pas en bio. Cela ne va se faire qu’en 2001, grâce à l’aide du CTE, le Contrat Territorial d’Exploitation. “J’ai eu des aides qui m’ont permis de me lancer et de poursuivre dans cette voie.” Dans les faits, être certifié agriculteur bio amène des changements par rapport à une agriculture dite conventionnelle. “On n’utilise plus de produits de traitements. On est aussi surveillé. On a un contrôle général dans l’année, plus des contrôles inopinés. Mais c’est normal et important.” Et même si le passage au bio est difficile, du fait de la chute de rendement, Didier Brault ne regrette rien. En guise de reconnaissance de son travail, son exploitation a reçu, en novembre dernier, le prix de la Dynamique Agricole. “Cela faisait plusieurs années qu’on nous demandait de le faire. Cette année, on s’est lancé et on a rempli notre dossier.” Un jury de six personnes est alors passé dans leur ferme, pour évaluer et juger les différentes choses qu’a mises en place le couple noyennais, comme l’aromathérapie. “On soigne les animaux avec des huiles essentielles. On travaille beaucoup sur le système immunitaire des animaux.“
Ferme de référence
Via cette récompense, Didier et Isabelle Brault espèrent donner des idées à certains de leurs collègues. “Pourquoi pas inciter d’autres exploitants à faire de même, lance l’agriculteur. Aujourd’hui, le bio commence à prendre de l’importance. Les gens ne se mettent pas forcément en bio, mais essayent de pratiquer des choses qui vont vers le bio.” L’exploitation marche tellement bien qu’elle est devenue ferme de référence au niveau du bio. “Ca sert pour les statistiques, précise Isabelle Brault. Cela permet de trouver des pistes sur quoi travailler après. On va faire des essais, pour voir si une méthode marche mieux qu’une autre.” On avait donc le crash-test pour l’automobile, on a désormais le bio-test pour l’agriculture. Et c’est à Noyen que ça se passe.


