Rhum : 22 jours, 2 heures et 48 minutes avec François Angoulvant
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François Angoulvant a passé la ligne d’arrivée lundi 22 novembre à 14h50. (Photo : Bernard Larvol - CG72)
22 jours et 2 heures et 48 minutes : c’est le temps qu’il aura fallu à François Angoulvant pour traverser l’Atlantique à bord du voilier “Fermiers de Loué – Sarthe”. Retour sur les moments marquants de cette belle aventure.
31 octobre. C’est le grand départ ! François Angoulvant s’élance de Saint-Malo à bord de son fidèle voilier Fermiers de Loué – Sarthe.
Parmi les 80 concurrents, il est l’un des rares à naviguer sur le même navire qu’il y a quatre ans. Le marin des Saint-Jean-des-Bois ne s’en inquiète pas outre mesure. “Je me sens beaucoup plus prêt qu’en 2006. Je suis serein.”
1er novembre. François Angoulvant est l’un des premiers Class 40 a piqué au sud. “Je l’ai décidé dès la première nuit, aussitôt passé Ouessant cap sur la pointe de l’Espagne, explique alors le navigateur Sarthois. Tous les modèles conseillent d’aller vers l’Ouest et de ne pas prendre la route sud, et pourtant, c’est là que je suis !”
3 novembre. François Angoulvant, toujours confiant dans son option sud, poursuit son bonhomme de chemin. Fermiers de Loué – Sarthe pointe à la 31e position des Class 40. “Finalement, à part le golfe de Gascogne, je fais surtout de la navigation côtière depuis le départ. C’est en fait maintenant que j’ai l’impression de commencer à traverser l’Atlantique ; la Guadeloupe est à quelques 3 000 milles devant !”
8 novembre. Tout va bien à bord, François est concentré sur sa navigation. Le skipper s’est tout de même fait une petite frayeur. “Hier soir, j’écrivais ne pas avoir vu de cargo, et bien en sortant de la cabine juste après le message, j’en ai vu un ! Il n’était pas très loin (3 milles) mais surtout il a fallu que je dévie ma route pour l’éviter…”
10 novembre. Fermiers de Loué-Sarthe file à près de 10 nœuds de moyenne. Son arrivée à Pointe-à-Pitre est prévue entre les 22 et 23 novembre selon les conditions climatiques à venir. Dans la nuit de lundi à mardi, l’ingénieur s’émerveille des spectacles que lui offre la nature : “Je vois des étoiles visibles jusqu’au ras de l’horizon. Au début, cette petite lumière blanche fait croire à un bateau au loin. On en voit une seconde puis une dizaine un peu partout. Ce sont justes des étoiles qui apparaissent et disparaissent au gré des vagues.”
13 novembre. La course ressemble de plus en plus à un vrai casse-tête… “Que faire pour rallier le plus vite possible la Guadeloupe ?, s’interroge François Angoulvant. Quelle est la meilleure route ? C’est toujours étonnant de voir la disparité des choix au sein de la flottille alors que nos fichiers météo doivent être pourtant assez semblables.”
15 novembre. Le navigateur sarthois pointe à la 30e position de sa catégorie. Il touche enfin les vents d’est qu’il était allé chercher plein sud. “Ça y est, je suis dans le système météo que je suis venu chercher : du vent d’est qui devrait m’emmener jusqu’à la Guadeloupe ! 1 300 milles nautiques devant moi. J’ai l’impression que ça y est, je suis dans la dernière ligne droite… Cette dernière ligne droite va en tout cas être intéressante. On va voir si mon choix d’aller vers le sud me permet de gagner des places, et combien.”
17 novembre. La météo joue des tours au Sarthois. “Un système météo clair, pour m’emmener jusqu’en Guadeloupe… ça aurait été trop simple ! Les cartes de lundi matin ne prévoyaient plus de vent du tout pour l’après midi, une vraie mauvaise nouvelle ! Le vent est tombé effectivement, revenu au cours de la nuit… Mais ce mardi matin, il est un peu trop faible à mon goût… Il peut encore s’en passer des choses d’ici l’arrivée ! »
18-22 novembre. C’est la dernière ligne droite tant attendue. “Cette nuit (jeudi 18 novembre N.D.L.R.), le vent s’est rétabli. D’abord assez faible (7 à 8 nœuds), mais régulier, puis 10 nœuds et 12 nœuds fin de nuit autour de 12 nœuds de vent.” Rien de tel pour avoir le moral. François Angoulvant passera la ligne d’arrivée le lundi 22 novembre à 14h50 (heure de Paris). Il s’adjuge la 31e place en catégorie Class 40. Il a bouclé son parcours de 3 539 milles en 22 jours 2 heures 48 minutes 11 secondes !


