Retraites : de 700 à 800 manifestants à Sablé

De 700 à 800 personnes ont manifesté à Sablé pour demander le retrait de la réforme des retraites.
Mardi 7 septembre, de 700 à 800 personnes ont manifesté à Sablé-sur-Sarthe pour demander le retrait de la réforme des retraites. La mobilisation ne faiblit pas.
Mardi matin, Catherine et Paul ont manifesté en couple, pour la première fois de leur vie. Ancienne de l’usine Ateca, elle est chômage depuis deux ans. Quant à monsieur, après une carrière d’une quarantaine d’années dans l’agroalimentaire, il a pris récemment une retraite bien méritée.
Ils battent le pavé car ils estiment que l’heure est grave. “C’est bien beau la retraite à 62 ans, mais je n’ai que 54 ans et depuis mon licenciement, personne ne veut de moi”, tempête Catherine. “Faudrait que ces messieurs qui nous gouvernent viennent passer une semaine à l’usine, avance son mari. On verrait bien s’ils maintiennent leur projet de réforme des retraites.”
Bien que moins nombreux, les jeunes aussi étaient présents. “Vu le travail que je fais, je me vois mal continuer jusqu’à 65 ans, explique Simon, 24 ans, ouvrier chez Buisard depuis quatre ans. Dans les ateliers, c’est dur. Ce n’est pas comme dans les bureaux. Quand je vois dans quel état certains partent à la retraite, ça m’inquiète beaucoup.”
Le mot “injustice” est sur toutes les lèvres. “Ils veulent faire payer la crise aux salariés du public et du privé et à tous ceux qui n’en sont pas responsables, estime David François, délégué syndical FO chez Buisard. Cette réforme est celle du Medef. Elle permet de maintenir un rapport de force favorable aux employeurs.” Un représentant de la CGT estime que “l’objectif du projet de réforme est de rassurer les marchés financiers en mettant en place une politique d’austérité.”
La définition de la “pénibilité” est également au cœur des débats. “Où commence l’usure d’un homme ? Aux genoux ? Au dos ? Aux poumons plein de poussière ?”, s’interroge, non sans une certaine ironie, Jacky Renoult, délégué syndical Sud-Solidaires.
L’inquiétude est grande également dans les rangs de l’Éducation Nationale. “J’ai rarement vu autant de grévistes dans mon établissement, assure Brunon Louatron, délégué CFDT de l’Institution Sainte-Anne et membre du PS du Bocage sabolien. On s’attend à des nouvelles suppressions de postes ce qui traduira inévitablement par une dégradation du service qu’on offre aux enfants. A Sainte-Anne par exemple, nous allons probablement devoir renoncer aux classes mises en place pour les élèves en difficulté.”


