Mayenne : Marc Bernier affiche sa différence
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Marc Bernier.
S’il y a bien un parlementaire de l’UMP qu’on ne peut pas taxer d’être un “député godillot”, c’est Marc Bernier. Après avoir rué dans les brancards au moment des régionales, en cette rentrée parlementaire, l’élu Mayennais assume et confirme sa différence.
Marc Bernier est certes un député de la majorité présidentielle, mais il ne faut pas trop lui souffler dans les bronches.
Au printemps dernier, le parlementaire avait nettement marqué sa différence et s’était insurgé contre le mode de désignation des candidats aux élections régionales. “La recherche de l’union au premier tour a eu des conséquences dévastatrices, a-t-il rappelé lors d’une récente conférence de presse. Ces accords ont conduit à offrir des places éligibles à des compétiteurs de la veille, ce qui n’a pas permis de mobiliser les troupes.”
La manière dont les listes avaient été constituées l’avait particulièrement irrité. “Tout cela s’est fait sans concertation avec les élus locaux. Je n’ai eu connaissance des listes que la veille de leur publication ! Aucun maire n’y figurait. C’est un manque d’encouragement envers nos élus, dont, nous le savons bien, la tâche est souvent ingrate et difficile.”
De l’histoire ancienne, une brouille passagère pensez-vous ? Et bien non ! Marc Bernier persiste et signe, et continue à prendre ses distances avec les “Sarkozystes”. “Le renvoi des Roms, la déchéance de nationalité, la pénalisation de parents laxistes, les sanctions contre les maires défaillants,etc. Tous ces projets sécuritaires suscitent des tensions à droite et à gauche.”
Visiblement, il ne goûte que très peu le discours musclé initié par le chef de l’État durant l’été. “Dans le contexte d’une remontée du FN, plusieurs personnalités ont donné de la voix, dénonçant la politique de “surenchère” et de “position démagogique de l’Élysée”. Il faut éviter d’établir un lien direct entre l’insécurité et l’immigration”, insiste-t-il.
Il se reprend : “Toujours est-il que garantir la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens est bien évidemment une priorité, notamment celle des personnes âgées et des personnes vulnérables, qui sont des proies faciles pour les délinquants. Mais je crois à la présence, dans les quartiers difficiles, d’une police de proximité avec des médiateurs issus de ceux-ci. Dans un pays affaibli et divisé, nous avons besoin de rassembler les Français au lieu de culpabiliser telle ou telle catégorie sociale.”
Celui qui est aussi maire de Vaiges n’est pas non plus totalement entré en rébellion. Il reste dans la ligne de la majorité sur la plupart des sujets. “La réforme des retraites devient une réalité, cite-t-il à titre d’exemple. La situation l’exigeait si l’on veut sauvegarder notre système de retraite par répartition. La crise a anticipé de 20 ans les déficits auxquels nous sommes confrontés. Le statu quo serait totalement irresponsable et signifierait la mort de notre système de répartition. Sur ce dossier, les Socialistes ont toujours été aux abonnés absents. Il faut accepter de travailler un peu plus longtemps. Il faut reculer l’âge légal de la retraite et augmenter la durée des cotisations.”
Il souligne néanmoins que “les inégalités demeurent. Repousser l’âge de la retraite de 65 à 67 ans pour partir à taux plein, indépendamment du nombre de trimestres, pénalisera ceux qui ont eu des carrières incomplètes.” Il suggère aussi de “prendre en compte la question de la pénibilité et non de l’invalidité.”
Le naturel revenant au galop, il conclut en demandant “la suspension du bouclier fiscal”, une des mesures phares de la présidence de Nicolas Sarkozy. Rien de moins ! Mais est-ce bien étonnant pour un parlementaire qui, ces derniers temps, s’est considérablement rapproché de Dominique de Villepin ? Ce dernier lui a même confié une mission sur les inégalités territoriales.


